Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith:

Après avoir critiqué les deux premiers opus de la prélogie, il est temps de la conclure en s’occupant de Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith. Dernier film réalisé par George Lucas, il a la lourde tâche de faire la jonction entre la prélogie et l’épisode IV. Il fête cette année ses 20 ans et a bénéficié d’une ressortie dans les cinémas du monde entier. Après les retours plus que mitigés des deux épisodes précédents, est-ce que cette prélogie en valait vraiment le coup ? Chef d’œuvre ou occasion manquée, il est temps que nous nous y attaquions.

Nous regrettions la qualité des effets spéciaux dans l’opus précédent, il est clair que cet épisode ne souffre pas des mêmes faiblesses. C’est même assez étrange à quel point ce film se distingue de ses prédécesseurs. L’utilisation des fonds bleus est bien meilleure et les décors en général sont plus convaincants. Les éclairages sont plus détaillés, les clones sont frappants de réalisme et les vaisseaux ont bénéficié d’une attention aux moindres détails. 

En parlant de vaisseaux, la scène d’introduction tabasse sévère, avec ce plan séquence qui suit nos protagonistes dans une bataille épique et bien rythmée. On est directement plongé dans ce conflit destructeur, au-dessus de Coruscant, et l’enjeu est clair: secourir le chancelier. De manière générale, ce film nous offre une énorme quantité de scènes marquantes, ce qui a participé à sa grande popularité auprès des fans. La mise en scène de George Lucas s’est grandement améliorée pour notre plus grand plaisir. Si ce film excelle par cette scène d’ouverture d’action, il saura aussi plonger le spectateur dans le plus grand désespoir lorsque l’ordre 66 est déclenché. Cette séquence mortifère sonne la fin d’une ère et le spectateur reste impuissant face à ce qu’il sait être inéluctable.

S’il est indéniable que cette scène est touchante, nous aurions cependant aimé une séquence plus détaillée notamment dans le temple Jedi et nous devons souligner que pour des personnes qui n’ont pas vu The Clone Wars, l’impact émotionnel est moindre.

Si le spectateur est bouleversé, qu’en dire des personnages ? Au point tournant de la saga, George Lucas nous offre une scène d’anthologie entre Anakin et Padmé. Les deux, fortement reliés par la force, communiquent sans avoir à dire un seul mot. Les deux comprennent la cruauté de la situation et les deux se résignent aux événements à venir. Le tout dans un coucher de soleil qui symbolise peut-être les temps sombres à venir et la fin d’une ère. 

La fin de cette ère vient finalement quelques instants plus tard dans une scène marquante où tous les talents de politicien de Palpatine arrivent à une apogée. L’empire est proclamé, sous un tonnerre d’applaudissements d’un sénat qui de toute manière était déjà acquis à sa cause.

Vous pouvez constater que plusieurs scènes nous ont marquées dans cet épisode, mais elles ne seraient rien sans les incroyables musiques du génie John Williams (et oui encore lui). Son talent continue de nous bouleverser, que ce soit pendant les combats épiques ou bien dans les scènes plus intimes. La dernière heure du film est secondée par une bande originale variée et d’une force rarement égalée. Notons également l’utilisation d’effets sonores toujours aussi qualitatifs. Pour les oreilles, ce film est un vrai plaisir. 

Le plaisir nous ne le boudons pas non plus lors du duel sur Mustafar. La chorégraphie va certes un peu trop loin par moments (les mecs se prennent pour Tarzan), mais les acteurs sont vraiment impliqués dans leur combat et l’on ressent la sueur, la douleur et les larmes. Nous sommes vraiment pris par ce combat qui est l’aboutissement des personnages d’Obi Wan et Anakin (“You were the chosen one”). Ces personnages sont d’ailleurs bien mieux interprétés, oui, même Hayden Christensen. Natalie Portman est aussi plus convaincante en Padmé (elle n’apprécie plus trop les génocides). Ian McDiarmid est juste phénoménal, ainsi que Christopher Lee (bien que son apparition soit courte). 

Du côté des bad boys, on ressent une occasion manquée, Dooku meurt dans les premières minutes du film et Grievous ne fait que de la figuration. La guerre des clones a été expédiée à vitesse grand V, on se demande bien en quoi les séparatistes représentent une menace.

Cette faiblesse scénaristique n’est pas imputable en totalité à l’épisode III qui se voit obligé de rattraper le temps perdu de l’épisode I et II. On souligne tout de même l’apport de noirceur à cet épisode qui contraste avec les deux premiers opus. Le montage est rythmé, les transitions movie maker sont toujours là, bref tout va bien. La jonction avec l’épisode 4 est très bien réalisée, la mort de Padmé et la construction de l’étoile de la mort illustrent bien la fin de la revanche des Sith et l’arrivée de Ben et Luke sur Tatooine nous transporte immédiatement vers Un Nouvel Espoir.

Pour finir, Star Wars Episode III : La Revanche des Siths est une bonne conclusion de la prélogie. Après deux premiers films qui n’ont pas fait l’unanimité, celui-ci a réussi la lourde tâche de réunir (un peu) les fans. Même si nous trouvons cet emballement un poil exagéré, il faut reconnaître que cet épisode relève le niveau de cette trilogie. Il s’agit d’un bon divertissement, qui gomme pas mal de défauts cités dans nos premières critiques (notamment technique). Il est temps de passer aux films faisant le lien entre les deux trilogies, en commençant par Solo.


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